| Quatre grands textes où Thoreau prend la défense d'un esclave fugitif et se dresse contre l'esclavage.
Extrait :
« On a dit bien des choses sur l'esclavage américain, mais je ne crois pas que nous réalisions vraiment ce qu'est l'esclavage. Si j'allais proposer au Congrès, le plus sérieusement du monde, de réduire l'humanité à l'état de saucisses, je ne doute pas un seul instant que la plupart de ses membres souriraient de ma démarche. Et si d'aucuns parmi eux me prenaient d'aventure au sérieux, ils estimeraient que ma proposition est bien pire que serait pire que de promulguer la Loi contre les Fugitifs - pire encore que d'en faire un esclave -, je lui reprocherais sa bêtise, son incapacité intellectuelle et de jouer sur les mots. La première proposition est aussi sensée que la seconde. J'ai entendu dire à maintes reprises qu'il fallait fouler aux pieds cette loi. Rien de plus facile. Cette loi ne parvient pas à s'élever à la hauteur de la tête ou de la raison : son habitat naturel est la fange. Elle a germé, poussé et persisté dans la poussière et la bourbe, au ras du sol; et celui qui marche en toute liberté sans cette compassion hindoue qui lui interdit de marcher sur les reptiles venimeux qu'il croise, celui-là lui marchera inévitablement dessus et la piétinera - et Webster avec, l'auteur de cette loi dont il est aussi indissociable que le bousier de sa boule d'excréments.»
Ce que la presse en dit :
« [...] il constitue un vibrant plaidoyer pour l'émancipation. » Le Monde, 29 septembre 2006. |