
e Bhoutan a voté. Pour la première fois, les 635 000 habitants de ce petit royaume himalayen coincé entre l'Inde et la Chine viennent d'être appelés aux urnes. Les deux (faux) partis arrivés en tête s'affronteront le 28 mai, dans un second tour, pour désigner le (faux) vainqueur. Il s'agissait, en effet, d'élections pour du beurre : un exercice, une répétition, pour préparer le véritable scrutin, qui aura lieu en 2008, après un siècle de monarchie absolue.
Fallait-il attendre encore ? C'est un vieux débat. Certains pensent que la démocratie ne peut être offerte qu'aux peuples éduqués, capables d'exercer leur liberté de vote. D'autres répliquent que seule la démocratie permet d'éduquer et de libérer... Toujours est-il que ce système politique délicat - l'écrivain sicilien Leonardo Sciascia le comparait à un vase de porcelaine - ne s'apprend pas en un jour. Autant s'y préparer.
Le problème est que la fin d'une démocratie, elle, ne donne jamais lieu à préparation. Décrétée par des putschistes, elle survient à l'aube, au son de la mitraille et du canon.